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Montmartre

mars 14, 2017
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Je suis assise au bord de mon lit en regardant le réveil qui continue à sonner. Je suis dans un état lamentable. Mon voisin a fait la fête et je n’ai pas fermé l’oeil de la nuit.

Je reste longtemps sous la douche les mains contre les carreaux, la tête sur la poitrine. Le jet d’eau bat fort sur ma nuque. Ensuite j’avale 3 tasses de café, d’un trait, debout.

J’ai rendez – vous avec le directeur-marketing de la societe T. J’ai accepté une mission d’interprétariat pour l’inauguration de la nouvelle filiale. Je connais tout cela par coeur: interpréter la partie officielle, ensuite des conversations privées pendant la soirée….

J’arrive au 44, rue Caulaincourt. Je pousse une lourde porte en verre et je monte un bel escalier.

Un homme sort du bureau et me tend la main. Je redresse la tête (il est grand) et nos regards se croisent.

La lumière du bureau, le va-et-vient des chemises impeccables, des tasses de café, des dossiers, la valse des portes, des coups de téléphone, des étagères infinies, des stylos, des voix….

Ta voix, tes yeux noisette, ta barbe, tes jolies mains bronzées aux longs doigts trahissent que tu reviens de vacances. Je pense à la trace de l’oreiller sur ma joue gauche, si elle est partie.

J’ai perdu le fil de ton discours mais je dis oui avec la tête. 
Tu m’expliques le déroulé , j’ai envie de tout savoir sur toi.
Tu me montres la liste des discours, j’ai envie que tous les gens dans ton bureau disparaissent et qu’on se raconte la vie autour d’une tasse de café jusqu’au petit matin. Tu me tends un dossier que tu as imprimé pour moi.

Je me dis qu’à la fin du rendez-vous je pourrai tenir ta main dans la mienne, encore une fois ( ô les règles de politesse! Merci d’exister !) 
Tu me presses la main. Une chaleur forte et fugace brûle tout mon corps. 
Je pousse la porte en verre, je descends le bel escalier et je prends un grand bol d’air. La fraicheur agréable de septembre remplit mes poumons. Le ciel est d’un bleu incroyable.

Je marche sans fermer mon manteau. Ma main garde la tiédeur de la tienne. Je n’arrive pas à cacher mon sourire et des gens dans la rue me regardent. Je répète ton prénom en boucle. 
J’emprunte la rue de la Bonne et je m’arrête un instant pour admirer Paris du haut de la Butte.

Je descends l’escalier rapidement et les pans de mon manteau s’envolent comme des ailes.

Je vole. Je vis. J’aime.

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